François Hollande: le choix impossible du moindre mal

Au nom d'Allah le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

L'élection de François Hollande à la présidence de la République française a suscité la joie des musulmans de l'hexagone, lesquels, exaspérés par la politique de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, ont choisi l'alternance. Cette dernière amenait logiquement à voter pour le Parti Socialiste. Tous les prétextes ont été avancés par les tenants de l'injonction du vote : moindre mal pour les musulmans, le soutien de Dieu à Sa Religion par le biais d'un homme pervers, les avantages procurés à la communauté. L'énarque porté à la plus haute fonction étatique donne l'image d'un homme « normal ». « Normal », un adjectif qui revient souvent avec un autre mot, « le changement ». Or qu'adviendra-t-il de la minorité musulmane de France qui a voté Flamby ? Outre l'état de chaos économique, prévisible à l'effet de la politique socialiste (ou de droite d'ailleurs, « la gauche de droite, la droite de gauche »[1]), il convient d'exposer les réelles intentions du nouveau Président, et tenter d'anticiper ses actions futures à l'égard de l'Islam en France. Il est indispensable, selon notre point de vue, d'avoir à l'esprit deux instants très révélateurs, d'une part la campagne électorale, et d'autre part la passation des pouvoirs. Quels rapports François Hollande entretiendra-t-il avec les musulmans ? Telle est la question. Deux axes permettent d'appréhender le sujet : celui du débat présidentiel opposant Hollande à Sarkozy et celui du Gouvernement Ayrault.

Le débat Hollande-Sarkozy

Le débat présidentiel est symptomatique des tares inhérentes à la démocratie en ce qu'il oppose deux dialectiques (ou poussées contraires) que sont, la volonté de choisir l'homme le plus apte ou compétent à la direction d'une nation, et le choix de cet homme par des incompétents. Animé par David Pujadas et Laurence Ferrari, le débat se divisa en plusieurs parties : économie et social, sujets de sociétés, institutions et politique étrangère. La contradiction précitée dans ce genre de débat réside dans sa compréhension même. En effet, il est surprenant de constater que rien ou presque n'est intelligible pour le commun des hommes. Le niveau de la confrontation entre les protagonistes fut si élevé, et requérait tellement d'acquis et de notions universitaires qu'il résulta l'impossibilité pour l'immense majorité des téléspectateurs (électeurs) de juger de la pertinence des arguments. Cette même majorité censée désigner le plus compétent. Or ceci n'est pas étonnant lorsqu'on sait que François Hollande a bénéficié du « parcours royal » caractéristique du grand bourgeois – licence de droit, HEC, Science po, ENA, Cours des comptes – et que Sarkozy demeure malgré son inculture caractérisée néanmoins pourvu d'un doctorat en Droit, de l'IEJ, qu'en outre – comme son homologue – doté d'une grande expérience politicienne. Ce constat est avéré pour l'ensemble des thèmes abordés : économie, pouvoir d'achat, crise de la dette, immigration, nucléaire, fonction présidentielle et politique étrangère. Peuvent néanmoins être dissociés les sujets sociétaux, a priori plus parlant à la masse, et à l'intérieur desquels les candidats ont traité de l'immigration, et de la laïcité.

La laïcité fut le centre du débat pour les musulmans de France. Examinons les positions respectives des candidats. Encore une fausse-surprise du socialiste, en accord avec Sarkozy sur l'approche offensive de la laïcité. Chacun des candidats voulant s'affirmer comme le défenseur du principe républicain et devant, pour se faire, montrer qu'il réprimerait au maximum l'expression religieuse des musulmans (pas de Hallal dans les cantines, pas d'horaire aménagé suivant le sexe dans les piscines). À ce sujet, les candidats étaient sur la même longueur d'ondes, à ceci près que Flamby chercha se démarquer du président-sortant en exacerbant la dimension oppressante du dogme laïque puisqu'il tint à faire remarquer sa prise de position constante sur l'interdiction du voile dans les écoles publiques, contrairement à M. Sarkozy dont on savait l'opposition à la loi de 2004. Un point pour Hollande. Un autre fait peut être relevé concernant le socialiste « roi de l'esquive ». Une attitude constamment reprochée à la gauche et particulièrement expressive dans le sociétal. M. Hollande se défendit de ne pas avoir soutenu la loi portant interdiction du voile intégral sur le territoire national en notant qu'il avait, avec le parti socialiste, voté sa résolution. Une feinte que Sarkozy su parfaitement exploiter en crédibilisant sa position assumée sur l'Islam. Il avait proposé la loi et l'avait faite adopter, Hollande lui s'était contenté d'un soutien formel. Un point pour Sarkozy.

À ce sujet, et d'une manière générale, l'on pouvait prévoir que Flamby n'allait sûrement pas laisser le monopole de la laïcité à la droite. Cette impression se confirmera avec son investiture à la présidence et la nomination de son gouvernement en « collaboration » son premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Le Gouvernement Ayrault

Investi au palais de l'Élysée, le 15 mai 2012, à la fonction la plus importante de la Ve République, le Président Hollande nomma Jean-Marc Ayrault comme premier ministre. Aussi mou et pâteux, le Maire de Nantes est vu comme un inconnu débarquant à Matignon. Ce déficit de notoriété s'explique eu égard à sa formation (professeur d'allemand) à son charisme inexistant, et à l'absence d’expérience gouvernementale. Cette dernière aussi reprochée, à Hollande, trouve atténuation en raison de sa formation technocratique. Jean-Marc Ayrault est un ami intime du Président, un homme de confiance totalement aligné. Les propositions aux ministères par ce dernier, tel que prévu par les protocoles demeure à la vérité le choix unilatéral du Président. L'exécutif bicéphale de la Ve République n'étant qu'un voile masquant la prépondérance de l'institution présidentielle. Ainsi, l'on peut légitiment affirmer que la liste des ministres révélée le 16 mai, procède d'une vision purement Hollandaise. Hollande n'est pas que cet homme au charisme d'huître. Hollande est un stratège, un politicien professionnel, aux références idéologiques de la bien-pensance gauchiste actuelle ; de l'alibi droit de l'hommiste à SOS racisme en passant par le « droit des femmes », la laïcité, le multiculturalisme, le vivre-ensemble démagogique, mais aussi – ne l'oublions jamais – le sionisme assumé dans ses formes les plus patentes (dîner annuel du CRIF, soutien « inconditionnel à Israël », vielle rhétorique anti-antisémitisme etc.). Ce, « fils d’un médecin pied-noir OAS proche de Tixier-Vignancour – soit l’extrême droite de l’extrême droite – »[2] saura avancer ses pions pour présider et, au besoin, les utiliser comme bouclier. Il convient de s'attarder sur les hommes et femmes (parité de mise) dont les ministères sont susceptibles d'affecter directement ou indirectement la morale et le mode de vie des musulmans de France. Parmi ces ministères, deux sont régaliens : la Justice et l'Intérieur, et dont l'influence sera majeure. D'autres ministères relèvent d'avantage de l'idéologie et, au sommet desquels on retrouve le ministère de l'Éducation Nationale, et dans une moindre mesure le ministère des Droits de la femme. Il ne faut pas être dupe, l'apparente diversité ethnique du gouvernement cache une homogénéité dogmatique certaine.

Manuel Valls à Place Beauveau – Tant redouté par les tenants de l'injonction inquisitrice du vote parmi les musulmans, Hollande désigna au ministère de l'intérieur l'extrême droite d'une gauche, déjà bien droitisée. M. Valls, celui-là même qui s'insurgea contre le port des voiles (hijab et niqab) et qui déclara – habilement avant les primaires – « son lien éternel avec Israel »[3], non sans rappeler une certaine Ségo en 2006 ( alors en campagne pour 2007). Cette nomination est vécue comme une gifle aux musulmans qui ont voté Hollande. Effectivement, dans une énième posture de colonisé maghrébin, le Comité de Vigilance des Citoyens Antiracistes (CVCA) a, dans une lettre adressée au Président, quémandé de bien vouloir écarter l'intéressé, considérant que ladite nomination « serait de nature à renforcer les tensions dans les quartiers sensibles », et soulignant à juste titre qu'il « discrimine les populations immigrées, s'acharne sur les musulmanes et les musulmans de la commune d’Évry ». Des faits connus, mais qui n'ont pas empêchés M. Le Président de le nommer à la Police. Avec Valls, comme premier 1er Flic de France, la stigmatisation ira bon train.

Christine Taubira à Place Vendôme – Femme et noire. C'est par ces qualités, (surtout la seconde) qu'elle doit sa nomination à la Justice Française puisqu'on fera difficilement croire qu'elle soit devenue la nouvelle Garde des sceaux (responsable de l'action publique) avec un doctorat en économie. Sa couleur demeurera la caractéristique la plus apparente lors de ses futures interventions. « Une africaine » dirons tous, mais en silence. Un silence qui traduira la peur de contredire Madame et risquer ainsi d'être désigné comme lepeniste. Vraie machine de guerre de l’establishment gauchiste, elle sera au commande d'un ministère régalien (non des moindres), comme le fut Rachida Dati sous Fillon I. Celle-ci incarnait la beur-geoisie dans toute sa honte, parachutée dans le 7e arrondissement de Paris, quartier le plus riche et le plus chrétien, qu'elle vient de perdre au profit d'un Fillon, très-catho, revendiquant son droit féodal à gouverner. Force est de constater que si Sarkozy et Hollande, ont adopté des gens issus de l'immigration à de telles fonctions, ce n'est pas sans raison.

Vincent Peillon à rue de Grenelle – « La Franc-maconnerie (est) la religion de la République ». Vincent Peillon était pressenti à L’Hôtel de Rochechouart. Il est un adepte d'une vision de la laïcité que l'on pourrait trouver moins radicale, que celle du tandem politico-médiatique Guéant-Zemmour. Toutefois, contrairement à leur conception « physique », l'approche de Peillon se veut davantage dogmatique et théologique, puisque directement portée sur la croyance des individus. En effet, son but est de faire adopter, la laïcité à titre de religion pour l'ensemble des français. Il fait figure de grand inquisiteur de la République et « frère » probable de Mélenchon au Grand-Orient. La laïcité est une religion fut-ce-t'elle rejetée dans ses postulats un rapport transcendant. En ce sens, on parle de religion séculière[4].
Cette conversion forcée a toujours été dans les desseins de la République jacobine dont François Hollande est désormais le représentant. Alphonse Aulard, professeur à la Sorbonne, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme déclarait déjà en 1903 « Oui, nous voulons supprimer la religion pour cette raison que nous avons quelque chose de très supérieur à mettre à sa place : la philosophie laïque, fruit de la science et de la longue expérience de l'Humanité ». Le jour même de son investiture, le Chef de l'État a rendu hommage à Jules Ferry, fondateur de l'école de la République, laicisateur et colonisateur raciste. « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. »[5] déclarait-il. Encore une fois le choix du Président s'avère parfaitement justifié, et cohérent à l'histoire républicaine.

NVB, partout et nulle part à la fois – une beurette là on l'attendait. Le ministère du Droit des femmes, fraîchement accouché des girons de la République, fut attribué à l'étoile montante du Parti Socialiste, Najat Vallaud-Belcacem, la porte-parole de François Hollande durant sa campagne. Diplômée de Science po, cette franco-marocaine a tout pour plaire à la gauche: l'origine nord-africaine, la jeunesse, et l'instruction – d'ordinaire en option (voir, Fadela Amara). La nomination au Droit des femmes n'est pas sans conséquence pour les musulmans. Il faut y entrevoir toute une symbolique occulte. Et on imagine fort bien son rôle à venir dans les diverses répressions au programme des autres ministères. Elle ne serait alors, dans une schématique d’agression contre l'Islam, qu'un alibi supplémentaire, celui de la défense des libertés des femmes et de leur égalité avec les hommes. Outre son rôle de collabeurette, elle sera porte-parole du gouvernement. Sa crédibilité va croître à mesure de ces interventions médiatiques, sans parler de la bonne publicité forcément acquise sur sa personnalité. Le tout combiné à ses atouts pourrait se révéler très nuisible pour les musulmans. Le PS a trouvé chez NVB, une nouvelle Amara ; la vulgarité, l’inculture et les rides en moins, somme toute, une sorte de NKM[6] arabisée.

La pertinence du vote musulman en question

La tactique d'Hollande consistera a se prévaloir de la forme bicéphale de l'exécutif français pour continuer le processus de stigmatisation des musulmans, d'autant plus indispensable en ces temps de morosité économique. Les ministres endosseront d'éventuelles critiques et Hollande pourra se dissocier d'eux compte tenu de la structure institutionnelle. Si la distinction n'est pas suffisante ou qu'elle n'ait pas produit l'effet escomptée, le Président pourra toujours procéder à la révocation des ministres-boulets ; tel un César Borgia avec Ramiro D'orco[7], plus récemment tel un Sarkozy avec Alliot-Marie. Autant d'attaques sournoises se profilent et qui ne manqueront pas de déplaire aux musulmans qui ont voté The Socialist. Mais à la vérité, avec les imams d'États, et auto-proclamés, des atténuations seront trouvées. « Avant c'était pire », dirons les uns. « Imagine si on avait pas voté » braillerons les autres …

Or ce qu'ignore la communauté, c'est que les attaques répétées à son égard ne sont pas forcément liées à un gouvernement, mais elles sont plutôt fonction de la conjugaison de plusieurs facteurs: la simple présence des musulmans dans le territoire et le niveau du communautarisme islamique. Plus ce dernier sera faible, plus ils seront assujettis. L'atomisation des musulmans est l'une des cause expliquant l'humiliation commune qu'ils partagent. Cette individualisation éclaircit de surcroît l'état de faiblesse économique dans lequel ils sont : au bas de l’échelle sociale. Il ne fait aucun doute que le premier pas vers un surcroît de respect réside dans le retrait de toute légitimité indûment accordée aux présidents, parlementaires et autres institutions païennes. Consternant n'est-il pas, en effet, d'observer l'abstention massive pratiquée chez des infidèles qui par la force de leur raison, ont compris la mascarade de ce système.

Un retour sincère aux sources canoniques – Le Livre et la Tradition prophétique – ainsi qu'aux réalités s'avèrent éminemment impérieux !

Saladin – Collectif An̄a Muslim

[1] Alain Soral
[2] Alain Soral « À qui le tour? »
[3] Manuel Valls, le 17 juin à Radio Judaica
[4] Aissam Ait-Yahya « De l'idéologie islamique française »
[5] Extrait des débats du 28 et du 30 juillet 1885
[6] Nathalie kosciusko-morizet,
[7] Le Prince, Machiavel

Catégorie :: Opinions

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