L’Islamophobie et la culture de la perversion des moeurs

Nous sommes haïs, car nous sommes une virtualité de vertu qui deviendra actualité dès que nous prendrions conscience de cette vertu, de notre virtualité et de notre devoir de témoigner aux autres par notre comportement qui a vocation à parfaire les qualités innées ou acquises de l'humanité. C'est cette vocation qui nous donne le sens de l'universel du message prophétique. Le sionisme et l'impérialisme ont produit suffisamment de pensée négative, d'art cynique et destructeur, de guerres entropiques, qu'il ne peut vivre que dans la laideur de l'immoral comme l'a montré Zeinab Abdelaziz dans son livre « le jeu de l'art moderne ». Comme un Chaytan, issu de l'hébreu et l'arabe antique signifiant serpent venimeux et caché, la perversion a inoculé son poison. Maintenant elle veut l'étendre aux musulmans qui parviennent à résister :

{« Chassez-les de votre Cité, ce sont des gens qui se purifient ! »} Al A'âraf – v82

Est la réponse du peuple pervers à Loth. Nous sommes silencieux, tolérants et impuissants devant la puissance libertine des homosexuels qui imposent leur vision comportementale aux politiciens et aux intellectuels, eux-mêmes contaminés par une liberté dévoyée et mise au service non de la dignité de l'homme mais de sa bestialité et de ses nouvelles idoles du sexe, de l'argent, de la destruction de la famille et des moeurs et de la fascination pour ce qui est contre nature. Si nous ne sommes pas actifs par notre position de minorité, nous représentons sur le plan moral et symbolique une menace car la différenciation sur le plan des moeurs est trop forte. Le libertinage et la permissivité prennent la précaution de nous livrer une guerre préventive avant que la communauté musulmane ne devienne forte sur le plan politique et économique pour dire non comme Loth :

 

{Et Loth, lorsqu’il dit à son peuple : « Commettez-vous l’infamie que personne aux Univers n’a commise avant vous ? Vous commettez l’acte de chair, par avidité, avec les hommes de préférence aux femmes. Bien plus, vous êtes des gens extrêmement pervers ».} Al A'âraf – v80

 

Nous ne sommes ni suffisamment organisés, ni suffisamment forts, ni suffisamment motivés, ni suffisamment crédibles pour faire porter notre voix comme celle de Loth et accomplir notre devoir de bon conseil envers ces pervers et ces égarés qui se trouvent fuyant vers leur perte, faute de projet de société à visage humain et à dimension spirituelle. Notre fuite est dans le silence, le détournement des yeux, la quête de notre réussite sociale et de notre succès mondain, sans compétence à être la voie du salut pour les égarés de plus en plus nombreux. Loth était une minorité courageuse, responsable qui méritait le salut :

 

Alors Nous le Sauvâmes lui et sa famille, sauf sa femme, elle fut de ceux qui restèrent en arrière. Et Nous Fîmes pleuvoir sur eux une certaine pluie*. Regarde alors quel ne fut le sort des malfaiteurs !} Al A'âraf – v83

 

Si l'Islamophobie est une pathologie morale, politique, idéologique, historique et culturelle qui précède, accompagne et poursuit notre agression à des fins morales, politiques, économiques, militaires et géopolitiques nous en sommes la victime et la proie. La solution est une solution de salut dans ce monde et dans l'autre. Seule une étude globale et collective pourrait déboucher sur des mesures de résistances pensées avec les forces saines et coopératives, car en nous elles verraient leur propre salut comme nous les verrons nos véritables alliés.

 

Si nous occultons le partenariat avec les forces saines et si nous ne trouvons pas matière idéique et praxique pour opérer le changement qui nous libère des facteurs endogènes (notre wahn) et des facteurs exogènes (les stigmates de la colonisation) qui nous ont mis en posture de faillitaires davantage préoccupés par le consumérisme mimétique que par le témoignage crédible et efficace alors nous ne pourrons jamais contrer l'Islamophobie en lui opposant une communauté qui lutte pour le salut de l'humanité et qui désapprouve la turpitude et la perversion où qu'elles soient :

 

{Et Loth, lorsqu’il dit à ses gens : « Commettez-vous l’infamie tout en voyant clair ?! Commettez-vous l’acte de chair, par avidité, avec les hommes de préférence aux femmes ! Plutôt, vous êtes des gens qui sont ignorants ».} An Naml – v54

 

Si nous ne nous élevons pas au niveau de conscience de la gravité de la situation et au niveau des connaissances et de l'art requis pour nous opposer au mal alors ce dernier nous emportera avec les autres, s'il ne fait pas des autres l'épreuve de malédiction qui nous humilie dans ce monde avant l'au-delà :

 

{Maudits ont été ceux qui sont devenus mécréants parmi la postérité d’Israël, par la bouche de David, et par celle de Jésus, fils de Marie, et cela en raison de ce qu’ils se rebellaient et transgressaient. Et ils ne s’interdisaient aucun acte répréhensible de ce qu’ils commettent. Qu’il est piètre ce qu’ils faisaient !} Al Maidah – v78

 

Ce verset n'est pas, dans son extension sémantique, une restriction aux seuls Juifs, car ils sont juifs par religion ou par langue ou par descendance. Il s'adresse à la descendance d'une des branches d'Abraham, mais il concerne toutes les religions, tous les hommes et toutes les ethnies en tous lieux et tout moment. Quiconque tolère la turpitude et la perversion sans la réfuter par la force, sinon par l'argumentation sinon par le refus de la conscience qui se mobilise pour dire et agir dès qu'elle trouve possibilité objective, fait partie des pervers. Le Prophète raconte qu'Allah a envoyé les Anges du Châtiment contre une cité perverse pour l'exterminer. Ils dirent à Allah : comment exterminer une cité alors qu'y vit un dévot qui prie, qui jeune et qui donne l'aumône. Allah leur dit : je le sais et je vous ordonne de commencer par lui, car il a cherché son propre salut individuel et a toléré par son silence et son insouciance que la perversion se propage dans toute la cité au lieu de s'y opposer.

 

Si nous faisons pas l'effort de changer, mutatis mutandis, ce qui doit être changé en nous et changer le mal qui est dans notre environnement, que nous soyons majorité ou minorité nous risquons de vivre longtemps et pire encore l'effet pervers de la dissolution des moeurs des autres qui nous atteindra à notre tour comme atteint le feu un tas de bois mort entouré de pyromanes surexcités… Si nous ne changeons pas de nous-mêmes, nous serons inévitablement changés par les autres selon leur dessein et non selon le nôtre. C'est une raison supplémentaire de poser la question de l'Islamophobie dans sa formulation globale afin que les solutions émergent par un effort collectif, dans leur globalité, leur dynamique et leur réalisme. Toute attitude partielle nous mettrait dans cette ignorance savante que raconte Jalal Eddine Rumi dans une parabole éloquente :

 

Des Indous avaient amené un éléphant ; ils l'exhibèrent dans une maison obscure.

Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir.

Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main.

L'un posa la main sur sa trompe ; il dit : « cette créature est telle un tuyau d'eau ».

L'autre lui toucha l'oreille : elle lui apparut semblable à un éventail.

Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara « l'éléphant à forme de pilier ».

Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : « En vérité, cet éléphant est comme un trône ».

De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée.

Leurs affirmations variaient selon ce qu'ils avaient perçu : l'un l'appelait dal, l'autre alîf.

Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé.

L'oeil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait cerner la totalité (de l'éléphant).

L'oeil de la mer est une chose, l'écume en est une autre ; délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer.

Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent les flocons d'écume ; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange !

Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques ; nos yeux sont aveuglés ; l'eau est pourtant claire.

O toi qui t'es endormi dans le bateau du corps, tu as vu l'eau ; contemple l'eau de l'eau.

L'eau a une eau qui la pousse, l'esprit un esprit qui l'appelle.

 

Omar MAZRI

Catégorie :: Opinions

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