Ummah.fr : Le soutien des non-musulmans dans les affaires religieuses est une calamité

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Cette histoire est rapportée dans les biographies du prophète, ‘alayhi salam, comme chez Ibnu Hichâm, qui le rapporte du biographe Ibnu Is-hâq, ou encore dans l’encyclopédie d’histoire de Ibnu Kathîr, Al-Bidâyatu wa-Nihâyah.

Sans entrer dans les détails, il s’agit de ce qui est arrivé à l’un des 3 compagnons sincères et pieux qui sont mentionnés dans le Coran au verset 118 de la sourate 9, At-Tawbah, Le Repentir. Ce verset annonce bien sûr une bonne nouvelle, à ces trois, ainsi qu’à tous les compagnons, et bien sûr à nous : Allâh pardonne l’impardonnable chez ceux qui reviennent à Lui, terrassés et déprimés par les péchés qu’ils ont commis, écrasés par leur souvenir. Aussi, on peut être déprimés par ses propres péchés tout en espérant dans le pardon certain et immense d’Allâh, ‘Azza wa Jall.

C’est donc l’histoire de l'un des 3, Ka’b ibnu Mâlik, qu’Allâh l’agrée et Il l’a agréé. Comment en est-il arrivé là ? Il n’a pas suivi le Prophète, ‘alayhi salam, et les compagnons quand ils sont partis pour la terrible confrontation à Tabûk contre des dizaines de milliers d’ennemis bien préparés, composés de chrétiens et d’Arabes. L’objectif : Exterminer une fois pour toute les musulmans, qui venaient de remporter La victoire décisive en devenant les maîtres de la Mecque. Il avait donc déserté.

Le Prophète ‘alayhi salam avait prévenu. Il fallait être prêt pour une date donnée. Les hypocrites de Médine, qui cachaient (sans véritable succès) leur mécréance aux yeux des musulmans, se sont distingués par leur lâcheté habituelle, en essayant de dissuader les musulmans de partir, en essayant de leur faire oublier qu’Allâh est le seul capable de faire gagner une bataille, et non pas le nombre et les forces en présence, en trouvant tous les prétextes pour ne pas participer eux-mêmes à l’expédition. Ils y croyaient vraiment, que les musulmans allaient périr jusqu’au dernier.

C’est donc avec une déception énorme et la peur propre aux hypocrites qu’ils ont vu les musulmans revenir sains et saufs, renforcés, et pas diminués du tout. Alors ils se sont préparés pour aller voir le prophète ‘alayhi salam, feindre la joie de le retrouver sain et sauf et lui expliquer pourquoi ils n’avaient pas « pu » participer, ni financièrement, ni avec leur corps à l’expédition.

Le temps des explications était donc venu. Le prophète ‘alayhi salam a accueilli tous les déserteurs, les uns après les autres. Les excuses des hypocrites ont toutes été acceptées, si facilement, même si elles ne trompaient personne. Facilement, au point qu’ils raillaient en secret le Prophète, ‘alayhi salam, pour sa prétendue crédulité. Quant aux musulmans « déserteurs », peu nombreux, la plupart avait une excuse tout à fait valable. Parmi ceux qui n’avaient pas d’excuse valable, 3 ont été distingués dans le Coran, dont notre compagnon Ka’b, qu’Allâh l’agrée.

C’est lui qui raconte la suite. Il dit qu’il n’avait jamais eu l’intention de déserter. Chacun avait reçu l’ordre de se préparer pour le jour du départ. Tout le monde savait quand on partirait pour Tabûk et qui on combattrait. Il fallait se préparer en conséquence pour cette date. Or, d'avoir trainé, il n’était pas prêt le jour J, mais il comptait bien partir, le lendemain ou le surlendemain. Il serait toujours possible de rejoindre l’armée. Mais à force de remettre toujours son départ au lendemain, il a fini par être dans l'impossibilité de rejoindre l'armée, trop loin désormais. Il a dû se résoudre la mort dans l’âme à attendre son retour. La mort dans l’âme parce que c’est un homme qui aimait le jihad, qui avait participé à toutes les batailles sauf Badr et pour qui abandonner l’armée était le signe distinctif d’un hypocrite, jamais celui d'un croyant.

L’armée est revenue, saine et sauve, plus forte qu’en partant. L’heure de rendre des comptes avait sonné. En allant voir le Prophète, ‘alayhi salam, il s’est résolu à ne pas lui donner un faux prétexte, ce qui aurait été facile pour un homme de son intelligence. Mais il avait compris que seule la vérité pourrait le sauver. Car Celui qui sauve n’aime pas les menteurs.

Quand le Prophète ‘alayhi salam lui a demandé pourquoi il n’avait pas participé à l’expédition, il a répondu qu’il n’avait aucune excuse. Le Prophète a souri d'une manière qui n'en dévoilait que plus durement sa colère.

Et ainsi continue son épreuve. Le prophète ‘alayhi salam a interdit aux musulmans de lui adresser la parole, à lui comme aux deux autres compagnons pieux dans le même cas. Les musulmans se sont écartés de lui, l’ont évité, restaient sourds à ses paroles. Même ses plus proches amis. Même sa famille. Ils les voyaient à la mosquée, au marché, mais ils ne lui parlaient pas. Ils ne répondaient pas à son salut. Quand un de ses cousins, son plus fidèle ami, a daigné répondre à la question " Tu sais, toi, que j'aime Allâh et Son messager, non ? ", c'était pour lui répondre " Seuls Allâh et Son prophète savent ".

Il en venait à guetter le Prophète à la mosquée. Le regardait-il ? Non, il évitait plutôt son regard. Avait-il bougé les lèvres pour répondre à son salut ? Il en doutait. Les yeux perpétuellement humides, il ressentait comme une oppression et un mal-être permanent.

Chers frères et sœurs. Quelle épreuve ! Quelles épreuves ! La conviction d'abord d’avoir commis un acte que seuls les hypocrites se permettent de commettre. Puis le face à face avec le prophète d’Allâh, ‘alayhi salam, son sourire de colère, son refus de le regarder en face, de lui parler. Enfin le boycott des musulmans, de tous ses frères.

On pense que rien d'autre ne peut rendre pire la situation…

Or un jour que Ka’b était au marché, un des Nabatéens de Syrie, qui vendait ses produits à Médine est allé le voir pour lui transmettre une lettre du roi des Ghassanides, un roi du nord de l’Arabie, assimilé à l’empire romain chrétien. Une lettre enveloppée dans une riche étoffe de soie blanche. Une lettre de soutien, qui l’informait que le roi avait appris que les musulmans s’étaient détournés de lui, qu’il comprenait ce qu'il subissait, que jamais Dieu ne l'avait traité de cette manière, et enfin qu'il lui offrait l’asile chez lui où il serait bien traité.

Une lettre de soutien. Un soutien inattendu d'un homme puissant. La solution à tous les problèmes. Mais pour Ka'b, les choses étaient claires : Cette lettre n'était qu'une épreuve de plus, qui s'ajoutaient à celles qu'il subissait déjà. Elle n'était pas la solution à ses problèmes, non. Elle était un problème ! Il s'est alors empressé de la détruire en la jetant dans feu. Subhanallâh !

Et par ce geste, Ka’b nous donne une autre leçon. Le soutien des non-musulmans dans ce genre d'affaires est une épreuve, une calamité. Il faut voir clair, être vigilant, ne pas y succomber, et le rejeter.

Aujourd'hui, partout ce qui est arrivé à Ka'b se répète. Le roi de Ghassân est clair. Pour lui, la religion de Dieu ne permet pas de faire subir à Ka'b ce qu'il a subi. Le roi lui dit que finalement il plus humain, plus proche de Dieu, qu'il ne lui aurait jamais fait subir cela. Il profite de ce qu'il croit être un état de faiblesse de Ka'b, pour lui faire croire qu'ils ont beaucoup en commun, et qu'ils sont ensemble main dans la main sur la vérité. Ce faisant, il ne soutient pas un musulman, mais fait la promotion de sa propre conception de la vérité, et cherche sans doute à affaiblir l'islam. Il fait croire à Ka'b qu'il lui donne une solution à son isolement, mais Ka'b a bien compris que ce qu'il lui proposait en réalité c'était de l'isoler encore plus.

Aujourd'hui, des musulmans, qui peuvent être considérés comme des intellectuels, des gens de science, donnent leur avis à propos de sujet comme voile, du voile intégral, de l'islamisme, des valeurs morales, de " politique et islam ", de " démocratie et islam ", de " laïcité et islam ", de lapidation, de la charia, de la fraternité avec les non-musulmans, et d'autres sujets de ce type qui touche à la morale, à la pratique, à l'esprit islamique. Ils donnent sur ces sujets des avis contraires à l'islam, sans équivoque. Untel dit que le voile intégral est une aberration, une innovation, une aliénation. Un autre rejette les sanctions pénales. Un autre prétend que c'est la démocratie et la laïcité qui vont éclairer l'islam, qui a besoin de Lumière. Un autre affirme que la pudeur de la femme aujourd'hui n'est pas son voile mais de faire des études. Un autre encore souhaite " ré-ouvrir les portes de l'ijtihad " et couper avec les exégèses des prédécesseurs. Un autre enfin ne voit pas de différence entre les religions dites monothéistes et que les chemins vers Allâh sont multiples.

Dans tous les cas, ces musulmans qui rendent leurs frères sceptiques bien souvent, reçoivent un soutien inconditionnel de la part de non-musulman. On vante leur courage, leur intelligence, leur avance par rapport à leur coreligionnaires, leur liberté de pensée, leur patience. On les félicite d'oser contredire la communauté qui n'a qu'un slogan à la bouche : la conversion ou la vie ! On les consulte, on leur demande même d'user de leur autorité, de leur science ou de leur " charisme " pour convaincre la foule. On déplore leur isolement, le traitement d'incompréhension, de désaccord ou de mépris qu'ils subissent. On manifeste avec eux pour la Palestine, mais pas pour les autres musulmans qui souffrent, on manifeste avec eux même pour le droit de porter le voile (à condition d'avoir le droit religieux de ne pas le porter), mais pas pour le droit de porter le niqab.

Dans ces situations-là, il faut penser à Ka'b. Le soutien des non-musulmans est une promotion de leurs propres idées sur la vérité, de l'idée qu'ils se font sur un islam acceptable. Un islam qui ressemblerait à leur façon de vivre, de penser, de parler, d'agir, de concevoir les choses. Pour eux l'islam, s'il veut se réclamer de la vérité et du bien, ne peut qu'être similaire à leur mode de vie. La lumière se trouvent dans leurs idées, un point c'est tout.

Aux musulmans de prendre conscience de l'enjeu. Le réel isolement n'est pas de ne pas être soutenu parce qu'on ne lâche rien, non. L'isolement, le vrai, c'est d'être déraciné de notre prophète ‘alayhi salam et des compagnons, qui sont notre terre nourricière. Et c'est ce qui guette impitoyablement si l'on décide de suivre les avis acceptés, soutenus, recommandés, qui ont bonne presse, grâce auxquels on est accueilli et sauvé de l'isolement. C'est ce qui guette si on ne brûle pas la lettre du roi de Ghassân.

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Commentaires (1)

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  1. Nass dit :

    Très bel article, fort en ensseignements.

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