Le RMF deviendra-t-il le CFCM ?

A trois semaines du scrutin de renouvellement de l’instance déficiente, censée représenter la communauté musulmane de France, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) traverse une crise sans précédent depuis son institutionnalisation en 2003, par l’ex-ministre de l’Intérieur : Nicolas Sarkozy.

Une crise, amplifiée par les décisions respectives de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) de ne pas participer au prochain scrutin de renouvellement des antennes régionales, les Conseils Régionaux du Culte Musulman (CRCM) et de l’instance nationale, le CFCM.

La fédération de la Grande Mosquée de Paris (GMP), avait entérinée sa décision de ne pas participer au scrutin du CFCM lors d’une réunion exécutive en octobre 2010, cependant la GMP n’a pas daigné communiquer publiquement sa position. Des tractations entre quelques membres de la GMP et le Rassemblement des Musulmans de France (RMF) ont eu lieu pour tenter de ramener la GMP dans le navire chavirant du CFCM. En vain, les huit régions accordées à la GMP par le RMF n’ont pas pesées dans ces négociations plus que douteuses.

Ces tractations menées en coulisse, contre la volonté de la majorité de l’exécutif de la GMP, démontrent à elles seules l’hérésie des fondements représentatifs et électifs du CFCM. C’est un aveux explicite, qui nous montre que l’on fait ce que l’on veut, comme cela nous arrange dans ce CFCM où il est maintenant possible d’attribuer, de distribuer des présidences de régions, en se moquant des règles et des autres fédérations membres de ce CFCM. Il est à noter que le RMF n’est pas membre fondateur du CFCM, statutairement parlant. Cette fédération est née d’un combat, d’une division fratricide de la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF), présidée par Mohamed Bechari.

Par ailleurs, l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) n’a pas apprécié que l’on complote dans son dos. Elle a répondu aux  manigances du RMF par l’annonce de sa non-participation aux élections du CFCM le 5 et 19 juin 2011, en invoquant, à l’instar de la GMP en 2008 et 2011, l’iniquité des critères électifs du CFCM et sa non représentativité, car les critères actuels coupent le sommet d’une base ne reflétant pas la sociologie et les différentes sensibilités du terrain de l’islam en France. Par exemple, la plus grande fédération musulmane  turque d’Europe, qu’est la fédération des Milli Gorüs, n’a pas sa place au sein de ce CFCM aussi représentatif peut-il se valoir sur le plan médiatique.

Une tempête se lève, Claude Guéant promet l’impossible

Il faut tout de même souligner que Mohamed Moussaoui, actuel président du CFCM, avait promis en juillet 2008, de réformer le règlement électoral du CFCM. Fouad Alaoui, président de l’UOIF, fût nommé président de la commission des réformes du CFCM pour conduire ce douloureux chantier. Pour diverses raisons plus ou moins occultes, ces réformes n’ont pas abouties.

Le boycott de la GMP et de l’UOIF des prochaines élections du CFCM soulève un vent de tempête au Ministère de l’Intérieur, Claude Guéant tente de rassurer les responsables du RMF en leur promettant l’impossible : la voiture peut rouler sans moteur, il suffit que le vent soit favorable….

Les élections du CFCM peuvent se dérouler, même si la majorité fondatrice que représentent conjointement la GMP et l’UOIF, ne daigne se présenter au scrutin, même si le RMF devait devenir à lui seul le CFCM !

Une autre preuve formelle que le CFCM, dans sa forme actuelle, n’a jamais été utile que dans le domaine médiatique. Il a toujours suffit aux marionnettistes de maitriser la communication du seul président de cette structure pour s’assurer d’une tranquillité quant aux problèmes relatifs à la gestion du culte musulman en France. Le CFCM est bel et bien un jouet ou un outil pour les plus grands.

La GMP, l’UOIF et le Milli Gorüs peuvent sauver le CFCM

Le dénominateur commun entre les positions de la GMP et de l’UOIF vis-à-vis du CFCM, se situe dans le fait que ces deux fédérations ont fait part de leur boycott du scrutin mais n’ont pas acté juridiquement leur sortie ou démission du CFCM, en tant que membres fondateurs.

C’est un point important, car cela signifie en langage politique que la GMP et l’UOIF, par leurs prises de position, appellent les autorités à venir discuter négocier avec elles. Cela veut dire aussi, qu’il est envisageable que la GMP et l’UOIF reviennent au CFCM si certaines conditions sont réunies. Pour l’UOIF, le droit à la présidence, pour la GMP, le droit à une vraie représentativité et une indépendance du CFCM.

Le calendrier est trop serré pour envisager un retour sur les positions de la GMP et l’UOIF concernant leur participation aux élections prévues au début juin. Cependant, il serait intéressant de voir l’UOIF, la GMP et le Milli Gorüs s’unir pour demander au CFCM de prévoir une assemblée générale extraordinaire, où serait envisagé « l’externalisation » de la commission des réformes, afin que les fédérations contestataires puissent effectuer durant une année le travail de modification du règlement électoral du CFCM. Ces réformes une fois acceptées pourraient ouvrir la voie à un nouveau processus électoral plus juste, qui prendrait en compte plus de fédérations et/ou d’associations indépendantes dans la notion de représentativité de cette structure, cachant l’horreur actuelle.

B.S

Catégorie :: Culte musulman en FranceInformations & Décryptage

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Commentaires (2)

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  1. Tâlib dit :

    As’salamoualaykoum,

    Compléments d’informations liés :

    – Les élections au CFCM boycottées par 84% des mosquées en Rhône-Alpes
    http://www.leparisien.fr/lyon-69000/les-elections-au-cfcm-boycottees-par-84-des-mosquees-en-rhone-alpes-13-05-2011-1448236.php

    Was’salamoualaykoum.

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