ISLAM : Conseil de crise

Source : www.lexpress.fr

Depuis cinq ans, le CFCM est censé représenter les musulmans de France. Mais, à l’approche des nouvelles élections, il traverse de fortes turbulences

Septembre 2005. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est paralysé par la lutte interne qui déchire la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), l’une de ses composantes. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, réunit les membres du bureau exécutif pour tenter de débloquer la situation. Las ! dès le début de la discussion, les participants se chamaillent. « Vous m’emmerdez », lâche le ministre en quittant la salle, exaspéré.

Un interlocuteur pour le ministre des Cultes

Trois ans plus tard, l’humeur de Nicolas Sarkozy, désormais président de la République, ne doit pas être meilleure devant la nouvelle crise du CFCM. Alors que l’institution censée représenter les fidèles musulmans doit renouveler ses instances les 8 et 22 juin, la Grande Mosquée de Paris, dirigée par Dalil Boubakeur, a annoncé qu’elle ne participerait pas à cette élection, pour protester contre le mode de scrutin, qu’elle avait pourtant accepté jusque-là. De leur côté, les fondamentalistes de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) exigent un report des scrutins d’une quinzaine de jours…

Le long chemin du CFCM
1990: Pierre Joxe, ministre
de l’Intérieur, met en place le
Conseil de réflexion de l’islam
de France.
1999: Son successeur,
Jean-Pierre Chevènement,
lance la consultation des
musulmans de France.
2000-2003: Elaboration
des structures du futur
Conseil français du culte
musulman.
6 avril 2003: Premières
élections. Les musulmans
de France disposent d’un
organe représentatif.
19 juin 2005 Deuxième
scrutin.

Après cinq ans d’exercice, le CFCM présente un bilan quasi nul, à l’exception de la création des aumôniers musulmans en prison, dans les armées et les hôpitaux. Son écho reste très limité auprès des musulmans de la « base ». Au mieux, ceux-ci le considèrent comme une assemblée de notables parisiens. Au pis, ils en ignorent l’existence…

Dès lors, faut-il se battre pour le CFCM ? Les pouvoirs publics ne se posent pas la question. Car, malgré son attelage hétéroclite de fédérations aux ordres de leurs consulats respectifs, l’institution présente un réel intérêt politique : elle constitue un interlocuteur pour le ministre des Cultes. Elle symbolise la pleine reconnaissance par l’Etat du culte musulman, ce qui prive d’arguments les intégristes, toujours prompts à fustiger l’iniquité supposée de la République. Enfin, elle a démontré aux Etats étrangers que la France ne se contentait pas de bouter le voile hors des écoles mais qu’elle se souciait aussi des fidèles.

Pour faire naître le CFCM, Nicolas Sarkozy est allé très loin dans son rôle de ministre laïc « d’ouverture ». Rien ne l’obligeait à conclure l’accord de Nainville-les-Roches (Essonne). Le 20 décembre 2002, avant même la tenue des premières élections du CFCM, le ministre et les fédérations réunies dans cette ville décidaient, par avance, de répartir les postes du futur bureau exécutif. Dalil Boubakeur obtint la présidence, et une sorte de partenariat tacite s’installa entre l’Etat et le CFCM.

En 2003, au plus vif de la polémique du foulard, Nicolas Sarkozy convie les présidents des exécutifs régionaux du conseil à une séance de travail au sujet du voile. En juin 2005, alors que l’UOIF menace de se retirer du conseil – déjà ! – le ministre se rend lui-même au siège de l’organisation afin d’amadouer ses responsables. « Que fallait-il faire ? Les laisser s’enliser dans leurs bisbilles et leur inertie ? interroge un membre du cabinet. Sans nos coups de pied aux fesses, le CFCM n’aurait même pas créé d’aumôniers musulmans ! » En politique aussi, cela s’appelle avoir un boulet aux pieds.

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Commentaires (2)

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  1. Ihsane dit :

    Si le CFCM n’aboutira jamais jusqu’au bout car il manque boucoups d’honneteté….

  2. Ihsane dit :

    Je suis un imam depuis plus de 25 ans en France avec boucoups de competances cependant on la mis à la marge comme d’autres imams et des vrais théologiens. J’accuse cette mafias autoproclamée (qui se cachent deriéres des faux statuts religieux) et font que retarder l’islam et s’enrichissent au nom de l’islam de France. Si on veut que ce projet aboutit il faut que ces gens aient une bonne intention envers Allah et la France.

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