Elections du CFCM : imprécisions et erreurs du Figaro

Dans l’article paru dans le site Web du Figaro, datant du 24 avril 2008 et intitulé « Imbroglio électoral au Conseil français du culte musulman », figurent un certain nombre d’erreurs et d’imprécisions qui malheureusement déforment la réalité et désaxent les problématiques en minorant par exemple l’argument invoqué par la Mosquée de Paris concernant le mode scrutin du CFCM.
L’article fait croire aux lecteurs qu’il s’agit d’un problème individuel lié à la seule personne de Dalil Boubakeur qui menacerait de boycotter les élections simplement parce que ce dernier n’aurait pas l’approbation ou plutôt le soutien des autorités françaises pour briguer un 3ème mandat à la tête du CFCM. Et que des négociations se poursuivent en coulisse.

Primo nous rappelons que Dalil Boubakeur est à la tête de la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP), entité juridique de droit français qui existe depuis 2 ans et représentée au sein du CFCM. La FNGMP dispose d’une assemblée générale, d’un conseil d’administration et d’un bureau exécutif, ce qui signifie que son président Dalil Boubakeur ne peut parler qu’au nom de cette structure et que toutes les décisions importantes sont prises dans le cadre de cette fédération et non à titre personnel.

La FNGMP ne menace pas de boycotter les élections du CFCM, elle a d’ores et déjà décidé, à l’unanimité, de ne pas y participer ce qui équivaut à une démission du CFCM (lire à ce sujet notre article La grande mosquée de paris ne participera pas aux prochaines élections du cfcm ). Les preuves de la non-participation de la FNGMP aux élections du CFCM sont déjà vérifiables, en effet dans la grande majorité des Comités Régionaux des Elections (CORELEC) de France, les membres de la FNGMP ont retiré leurs listes de délégués ainsi que les chèques des cotisations, indispensables pour la participation aux élections. D’après le calendrier électoral du CFCM, les listes des délégués doivent être clôturées le 27 avril 2008.

Comme le stipule notre dernier article, les motifs sont clairs et n’ont pas grand chose à voir avec ceux avancés dans l’article du Figaro qui se fait l’écho des autres fédérations siégeant au CFCM (UOIF, FNMF). Il ne s’agit pas d’une démarche personnelle ou d’une manœuvre de Dalil Boubakeur pour se maintenir à la tête du CFCM, c’est une décision collective de la FNGMP qui dénonce le système de scrutin anti-représentatif et anti-démocratique, ainsi que les fraudes massives dans la préparation de ces élections. Le Figaro passe rapidement sur le motif du mode de scrutin (pour bien comprendre ce mode de scrutin et pour juger de son incroyable injustice nous vous invitons à lire notre article « Bientôt les élections du CFCM. Que faudrait-il changer ? »).

Le mode de scrutin n’est pas un contrat scellé ou immuable, ce dernier repose simplement sur des points statutaires qui régissent le fonctionnement du CFCM, qui par définition seraient modifiables dans le cadre d’un vote majoritaire de l’assemblée générale du CFCM. Et c’est là où le bât blesse ! En effet ce système de scrutin, aussi ubuesque et anti-démocratique soit-il, convient parfaitement aux fédérations telles que l’UOIF, la FNMF, le RMF, CCMTF, si l’on considère, au travers du prisme de la démographie, le fait que la base de leurs sympathisants est inférieure en nombre à celle de la Grande Mosquée de Paris.

Etant donné que Dalil Boubakeur est minoritaire au sein du CFCM, justement à cause du mode de scrutin, il n’a jamais pu obtenir le changement des statuts du CFCM afin de proposer, aux musulmans de France, une alternative à ce mode de scrutin, pour tendre vers une plus juste représentativité de cette institution qu’est le CFCM. Ce n’est pas faute d’avoir voulu, ce n’est pas faute d’avoir essayé de convaincre les présidents des autres fédérations.

Tout au long de sa campagne présidentielle en 2007, le président de la République – Nicolas SARKOZY – a prôné les idéaux de la démocratie, la culture du résultat des institutions françaises. Aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence et regarder les choses telles qu’elles sont et non comme il serait souhaitable qu’elles soient, le bilan du CFCM est catastrophique alors que les attentes des musulmans de France sont nombreuses et urgentes. Ce bilan négatif est une conséquence directe du mode de scrutin qui a favorisé les luttes intestines et les blocages au sein du CFCM.

Veut-on d’un CFCM réellement représentatif qui fonctionne et réponde aux besoins des citoyens français de confession musulmane ou bien cela arrangerait-il l’Etat français que cette structure demeure dans cette léthargie qu’elle connait depuis ses débuts ?

Si actuellement des discussions se poursuivent en coulisse, comme le précise le Figaro, ce ne serait pas plutôt pour inviter la FNGMP et Dalil Boubakeur à faire marche arrière pour revenir au CFCM afin de sauver l’apparence d’une pseudo organisation du culte musulman aux regards de la France , de l’Europe et des pays étrangers ?
Que deviendrait un CFCM amputé de la Grande Mosquée de Paris qui elle est bien de renommée internationale et illustre historiquement l’ancrage vivant et effectif de l’islam en Europe ?

CRCM Alsace

Imbroglio électoral au Conseil français du culte musulman
Aziz Zemouri (Le Figaro Magazine)
24/04/2008 | Mise à jour : 19:43 |

INFO FIGARO – La Grande Mosquée de Paris, dirigée par Dalil Boubakeur, menace de ne pas prendre part aux prochaines élections des représentants de l’islam de France. Ses adversaires dénoncent une manoeuvre.
Les négociations se poursuivent en coulisses, y compris avec le ministère de l’Intérieur (voir notre confidentiel), mais la situation apparaît bloquée : la Grande Mosquée de Paris, dirigée par Dalil Boubakeur, menace de ne pas participer aux élections du 8 juin prochain pour le renouvellement du Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce qui aurait pour conséquence de priver le Dr Boubakeur d’un troisième mandat à la tête du CFCM.
Pour expliquer cette menace de boycott, l’entourage du recteur de la Grande Mosquée de Paris remet en cause les modalités du vote, notamment le nombre de délégués que chaque mosquée française doit élire. En effet, depuis les accords de Nainville-les-Roche (Essonne) de 2002, ce nombre dépend de la superficie de l’édifice. Ce contrat scellé en décembre 2002 sous l’égide de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, ne serait plus valable selon les partisans de Dalil Boubakeur. «Certains surévaluent le nombre de mètres carrés pour augmenter le nombre de leurs délégués,» s’insurge l’un d’entre eux. Dans les autres composantes du CFCM, à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) ou à la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), on dénonce une manoeuvre visant à faire pression sur les pouvoirs publics pour garder Dalil Boubakeur comme «président à vie» du CFCM. Déjà en 2003, l’accord qui l’avait porté à la présidence ne reflétait pas le vote des électeurs. Depuis, bien que minoritaire, Dalil Boubakeur a toujours réussi à se maintenir à la tête de l’institution.

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