La Mosquée de Paris fait peau neuve

mosquee-paris.jpg«Une perle d’Orient égarée au milieu des tours de la capitale. » La Grande Mosquée de Paris, comme la qualifiait Si Hamza Boubakeur, qui en fut le recteur de 1957 à 1982 (et qui était le père de l’actuel responsable), a été érigée en 1926. Mais, le temps passant, ce monument s’était beaucoup abîmé et une restauration était nécessaire.

« Avant les travaux, j’avais un peu honte, avoue le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui a financé en partie une première tranche de restauration récemment inaugurée. La Grande Mosquée a été construite en remerciement aux combattants musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. C’est un patrimoine culturel, architectural et spirituel, et à ce titre nous nous devions de participer aux travaux. »

La rénovation concernait les parties visibles du bâtiment : murs d’enceinte, moucharabiehs de stuc, jardin d’entrée et zelliges (carreaux d’argile) du patio central.

« L’Institut musulman de la Mosquée de Paris, aujourd’hui âgé de plus de 80 ans, miné par les intempéries et les épreuves du temps, était menacé dans ses nombreuses pièces d’art et parfois même dans ses grandes œuvres », explique le docteur Dalil Boubakeur, actuel recteur de la Mosquée de Paris et par ailleurs président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

«Des lieux comme la Grande Mosquée sont aussi la France»

Le coup d’envoi des travaux avait été donné en février 2004. « La rénovation a été rapide. Si tout allait aussi vite ! » s’est exclamé Bertrand Delanoë. Financés par la Ville de Paris, l’État, la région Île-de-France mais aussi l’Algérie et le Qatar, les travaux se sont élevés à 3,6 millions d’euros. Les architectes Francis Dubois et François Jeanneau ont été mandatés pour la rénovation des lieux.

Selon Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France, « on doit comprendre que des lieux comme la Grande Mosquée de Paris sont aussi la France. La France n’a plus le conflit en partage. Elle est devenue avant tout un principe d’appartenance. La France a cessé d’être une histoire qui divise. Elle est devenue une culture qui rassemble. »

Il reste désormais à rénover les salles de prière, la bibliothèque et la salle de conférences. Bertrand Delanoë, lui-même né à Tunis, a adressé un mabrouk (« des félicitations », en arabe) à l’assemblée pour la fin de cette première tranche de travaux. Mais, écrit-il, « je pense qu’il y a encore du travail. L’islam le mérite, la France le mérite. Nous sommes prêts à continuer. »

Aude ROUAUX – La Croix

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