[CFCM] La GMP et l’UOIF décident de se retirer

La Grande Mosquée de Paris (GMP) et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) ont annoncé vendredi leur retrait du bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM), paralysé depuis plus d’un an par un conflit interne.

« Toutes les tentatives de conciliation proposées aux différentes parties de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) ont malheureusement échoué, entraînant le dysfonctionnement du bureau exécutif du CFCM », selon un communiqué. « Devant ce constat, la FN-GMP et l’UOIF ont décidé purement et simplement de se retirer du bureau exécutif ».

Cette décision sera communiquée lors d’un conseil d’administration (CA) dimanche à la Mosquée de Paris, ajoutent Dalil Boubakeur, président du CFCM et recteur de la Mosquée de Paris, et Fouad Alaoui, vice-président du CFCM et premier vice-président de l’UOIF. Les deux fédérations « n’ont cessé d’oeuvrer pour sauvegarder l’unité et la cohésion au sein du Bureau exécutif du CFCM », assurent-ils.

La Mosquée de Paris est proche de l’Algérie, l’UOIF est située dans le sillage des Frères musulmans, la FNMF est proche du Maroc.

Le CA, déjà plusieurs fois reporté en raison de dissensions au sein de la FNMF qui ont contribué à paralyser totalement le CFCM depuis sa réélection en juin 2005, permettra à chacun de se compter pour tenter d’élire un nouveau bureau. Des tractations devaient se poursuivre samedi.

La réunion devait avaliser la nomination d’aumôniers nationaux pour les armées, les hôpitaux et les prisons et entamer le travail en commissions. Le mois de jeûne musulman du Ramadan approche et devrait débuter le 23 ou le 24 septembre, tandis qu’il faut organiser l’Aïd el-Kebir qui tombera en fin d’année, le 31 décembre ou le 1er janvier.

« On espère que ce coup de pied dans la fourmilière permettra de clarifier la situation », a dit à l’AFP M. Alaoui. « Nous n’avons rien à perdre, la seule perte serait que le CFCM s’écroule, nous avons mis tous nos efforts pour que les musulmans de ce pays puissent avoir une instance ».

Le président contesté de la FNMF Mohamed Bechari a assuré que le CA allait « discuter de la configuration d’un bureau pluriel qui peut reprendre les choses normalement ». Mais la FNMF va poser ses conditions pour y participer, a-t-il ajouté, souhaitant que le CFCM s’émancipe de l’influence des pays d’origine et « ne serve pas à la campagne de certains candidats dans la perspective des élections de 2007 ». Il n’a pas voulu préciser sur combien de membres du CA il pouvait compter.

Ses opposants réunis au sein du REC (Rassemblement des élus du CFCM) ont souligné dans un communiqué qu’ils représentent un tiers du CA et espéré que la démission de la GMP et de l’UOIF « ouvre de nouvelles perspectives pour un nouveau départ du CFCM sur des bases saines et dans le respect de l’équilibre entre les différentes composantes réellement représentatives ».

Le CFCM avait été installé en 2003 par M. Sarkozy, après des années d’efforts des gouvernements de gauche comme de droite, pour représenter l’islam, deuxième religion du pays avec quelque cinq millions de personnes, soit la première communauté musulmane de l’Union européenne.

AFP – PARIS, 15 sept 2006

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